Tous ruinés dans dix ans ?: Dette publique : la dernière chance
Geschrieben von hkarner - 6. September 2010
L’endettement public rend-il la rigueur inéluctable ?
- Une politique de rigueur est toujours nécessaire. En vérité, la question qui se pose est de savoir s’il faut une politique de réduction du pouvoir d’achat. Sans aucun doute, il va falloir réduire les dépenses de l’Etat et augmenter les impôts, ce qui se traduira par un transfert de pouvoir d’achat vers des dépenses collectives. Sinon, la dette continuera à augmenter, et nous serons en faillite.
- Votre livre est très pessimiste !
- J’envisage les scénarios du pire, et il faut reconnaître que chaque jour qui passe, notamment avec la crise grecque, nous en rapproche un peu plus. Il faut donc un plan d’urgence. Mais si tous les pays se mettent à pratiquer la rigueur en même temps, nous entrerons dans une spirale de dépression. Je crois de plus en plus à une capacité d’emprunt européenne capable de relayer la croissance en finançant des programmes d’investissement. Il faut des bons du Trésor européens.
- Peut-on comparer 2010 et 1983, quant vous étiez conseiller à l’Elysée ?
- En 1982-1983, la crise était liée au déficit extérieur et aux menaces de dévaluations, alors qu’aujourd’hui, elle découle de la dette interne, et nous nous sentons protégés par l’euro. Mais la situation est aussi grave, et il y a la même urgence de trancher et de prendre des décisions impopulaires. –Interview de Jacques Attali, Challenges, 21 mai 2010
